Nous avons cherché à contribuer à la professionnalisation des interprètes sourds en langue des signes actifs en Belgique francophone, en leur fournissant les outils et compétences nécessaires pour assurer une interprétation de qualité. De ce fait, nous avons développé le contenu d’un module spécialisé en interprétation dans le cadre de la formation continue « Langue des signes de Belgique francophone et français : enseignement, bilinguisme et pratique de l’interprétation par les sourds », en collaboration avec l’Université de Namur et l’Université Saint-Louis de Bruxelles. L’expertise de l’Université Toulouse Jean Jaurès a été essentielle pour enrichir ce module. Grâce à cette initiative, nous avons également visé à favoriser la reconnaissance officielle de leur métier tant en Belgique qu’en France, en établissant une vision commune et en proposant une certification valorisante. Un autre objectif important était de créer des liens entre les universités engagées dans la traduction et l’interprétation en Belgique et en France. Cela a permis d’échanger des connaissances non seulement sur la professionnalisation des interprètes sourds, mais aussi sur d'autres thématiques connexes.
Nous avons postulé pour ce projet en raison de l'urgence et de la nécessité de développer une formation continue pour les interprètes sourds en Belgique Francophone et de la réflexion nécessaire sur le nouveau métier d'interprète sourd en France. Les Universités Saint-Louis de Bruxelles et de Namur reconnaissent un manque d'expertise pour dispenser un module spécialisé en interprétation, ce qui nécessite une collaboration avec l’Université Toulouse Jean Jaurès, qui a récemment ouvert un programme de Master en traduction pour étudiants sourds. Ce partenariat vise à combler les lacunes en matière de formation et à promouvoir l'inclusion des étudiants sourds dans les deux pays. Les interprètes sourds en Belgique sont souvent auto-formés, sans reconnaissance officielle, ce qui limite leur professionnalisation et affecte les services offerts aux personnes sourdes. En intégrant des connaissances et des outils issus d'autres universités, nous avons pu développer une formation adaptée, garantissant professionnalisme et déontologie, afin d'améliorer la qualité des services d'interprétation et d'encourager la reconnaissance du métier.