Le projet « Ambassadors of Change » a été conçu pour bâtir un réseau européen engagé en faveur de l’agriculture durable et de la résilience écologique. Porté par l’association The Northern Lights NPO à Saint-Nizier-le-Bouchoux (France), ce programme de formation de 10 jours a rassemblé des acteurs de divers pays européens pour promouvoir l’agroécologie à une époque où l’agriculture conventionnelle continue de dégrader les sols, réduire la biodiversité et accentuer les effets du changement climatique. L’objectif principal était de favoriser une transition vers des pratiques agricoles régénératrices, fondées sur la santé des sols, la biodiversité, la gestion durable de l’eau et la production de cultures nutritives. Des méthodes comme l’agroforesterie, le non-labour et la couverture végétale permanente ont été mises en avant pour proposer des alternatives concrètes aux modèles agricoles intensifs. Un second objectif majeur visait à créer un réseau solide d’ambassadeurs de l’agroécologie : formateurs, jeunes leaders, porteurs de projets et travailleurs de jeunesse réunis pour échanger des savoirs, mutualiser les bonnes pratiques et renforcer leurs capacités d’action dans leurs territoires respectifs. Ce réseau vise à démultiplier les initiatives locales, tout en renforçant la cohésion et la solidarité à l’échelle européenne. Dans les zones rurales souvent confrontées à l’isolement et au manque de ressources, le projet a mis l’accent sur la création de liens et le soutien entre pairs. Grâce à la collaboration avec Ver de Terre Production, organisme de référence en formation agroécologique, les participants ont bénéficié d’un encadrement de qualité, basé sur des savoirs actualisés et une approche pédagogique participative. Le projet s’inscrit ainsi dans la dynamique du Pacte Rural de l’Union européenne, qui reconnaît le rôle central des territoires ruraux dans la transition écologique. Ces territoires couvrent 80 % du territoire de l’UE et abritent près d’un tiers de sa population. Le programme a veillé à inclure des participant·es issu·es de milieux divers, y compris ceux ayant moins d’opportunités. Cette diversité a renforcé la richesse des échanges et permis une diffusion plus équitable des savoirs agroécologiques. À travers des ateliers théoriques et pratiques, les participant·es ont été invité·es à relier les contenus à leurs contextes locaux, renforçant ainsi l’impact concret du programme. Au-delà des compétences techniques, le projet a nourri un sentiment d’appartenance à une communauté européenne engagée dans la transformation écologique. Il a permis de sensibiliser les jeunes à leur rôle dans la construction d’un avenir durable et démocratique, tout en leur offrant des perspectives professionnelles concrètes dans le secteur en plein essor de l’agriculture durable. La formation, immersive et non formelle, s’est articulée autour de modules sur l’agroforesterie, les rotations culturales, la conception de forêts-jardins et la gestion des arbres dans les systèmes agricoles. Les participant·es ont exploré des enjeux clés comme l’érosion des sols, le dérèglement climatique et la reconnaissance du rôle des agriculteurs. Un outil central du programme, les portraits de fermes, a permis d’analyser différents modèles agricoles afin d’en dégager les pratiques les plus régénératives, tout en valorisant des exemples inspirants déjà à l’œuvre. Les temps informels ont également joué un rôle important : cercles de parole, repas partagés, soirées thématiques ont favorisé la cohésion du groupe, l’écoute, la coopération et le développement de compétences transversales telles que l’intelligence collective et la gouvernance partagée. Ces savoir-être sont transférables dans d’autres projets et renforcent la capacité des participant·es à impulser des dynamiques collectives. Enfin, le projet a contribué à répondre aux enjeux du chômage des jeunes en Europe. En leur transmettant des compétences utiles dans le champ de la transition écologique, il s’inscrit dans les priorités de l’Union européenne, notamment les Grandes Orientations de Politique Économique (GOPE), qui visent un taux d’emploi de 70 %. En formant une nouvelle génération de professionnel·les de l’agriculture durable, « Ambassadors of Change » permet à chacun·e de devenir acteur·rice du changement, tout en contribuant concrètement aux Objectifs de Développement Durable.