Lorsque nous avons commencé à concevoir “Nature et Résilience : Renforcer le bien-être des jeunes”, notre point de départ était très concret. Dans notre travail quotidien avec les jeunes, nous observons souvent une fatigue mentale diffuse : pression scolaire ou personnelle, beaucoup de temps passé devant les écrans, peu d’espaces pour ralentir et prendre du recul. Plusieurs jeunes exprimaient aussi un sentiment de déconnexion — non seulement de la nature, mais parfois aussi des autres et d’eux-mêmes. Le projet est né de cette observation simple et de notre volonté d’explorer des réponses accessibles à ces réalités. L’intention principale était d’expérimenter comment la nature peut devenir un véritable outil de travail de jeunesse. Nous ne voulions pas simplement organiser des activités à l’extérieur, mais utiliser l’environnement naturel comme support d’apprentissage. Marcher ensemble, observer un paysage, travailler la terre ou s’arrêter pour respirer et discuter dans un espace naturel peuvent sembler simples, mais ces moments permettent souvent aux jeunes de s’ouvrir différemment, de parler du stress qu’ils vivent et de réfléchir à la manière dont ils prennent soin d’eux-mêmes. Un objectif important du projet était donc d’aider les participants à découvrir des pratiques concrètes pour soutenir leur bien-être mental et leur résilience personnelle. Pendant les activités, les jeunes ont expérimenté différentes approches liées à la nature, comme des exercices de pleine conscience en extérieur, des activités de marche collective ou des moments de réflexion en petit groupe. L’idée n’était pas d’enseigner des méthodes complexes, mais plutôt de montrer que des pratiques simples peuvent devenir des ressources utiles dans la vie quotidienne. Le projet a rassemblé des participants venant de France, d’Arménie, d’Estonie et de Géorgie. Chaque échange de jeunes réunissait 34 personnes au total, comprenant 24 jeunes participants, 8 group leaders et 2 facilitateurs. Cette taille de groupe permettait de garder une dynamique suffisamment riche sur le plan interculturel, tout en restant gérable pour le travail en petits groupes et l’accompagnement individuel lorsque c’était nécessaire. L’inclusion était un élément central dès la préparation. Une partie importante des participants venait de contextes sociaux ou économiques plus fragiles. Dans un groupe international, cela signifie que les niveaux de confiance, d’aisance linguistique et d’expérience de mobilité peuvent être très différents. L’un des objectifs du projet était donc de créer un environnement où chacun puisse progressivement trouver sa place, sans pression de performance, et où les différences deviennent une source d’apprentissage plutôt qu’un obstacle. La coopération interculturelle faisait également partie des objectifs. Lorsque des jeunes de plusieurs pays vivent ensemble pendant plusieurs jours, des malentendus apparaissent inévitablement : styles de communication différents, rythmes de participation inégaux, fatigue liée à la vie collective. Nous voulions utiliser ces situations comme des occasions d’apprentissage, en encourageant l’écoute, la patience et la coopération dans la résolution des petits défis du quotidien. Pour donner de la continuité à l’expérience, le projet a été conçu comme un processus en plusieurs étapes. Le premier échange a permis au groupe de découvrir les pratiques liées au lien avec la nature et de construire une dynamique collective. Ensuite, les participants ont organisé dans leurs communautés locales une “Journée Résilience Naturelle”, afin de partager ce qu’ils avaient expérimenté avec d’autres jeunes. Le second échange a permis de revenir ensemble sur ces expériences, de discuter de ce qui avait réellement fonctionné dans les communautés, et d’approfondir certaines méthodes. Enfin, le groupe a travaillé à transformer cette expérience en une ressource simple et accessible. Les participants ont contribué à la création du guide “Grandir plus fort : un guide nature et résilience pour la jeunesse”, qui rassemble des pratiques testées pendant le projet et peut inspirer d’autres jeunes ou animateurs. Au fond, l’objectif du projet était volontairement simple : permettre aux jeunes d’expérimenter ensemble comment le contact avec la nature, combiné à l’apprentissage interculturel et au travail collectif, peut devenir un soutien concret pour leur bien-être et leur engagement dans leurs communautés.